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1. Comment repérer une souffrance morale liée au travail ?
Comme dans toute souffrance morale, les contextes personnels et familiaux seront explorés. La spécificité du contexte professionnel pourra être appréhendée par des questions telles que :
- Et au travail comment ça va ? (quantité, qualité, moyens, exigences, autonomie…)
- Et avec vos collègues ? (confiance, isolement, agressivité, violences…)
- Et avec les responsables ? (reconnaissance, conflit…)
- Y a-t-il eu des changements dans l’entreprise ? (de métier, de chef, financier, etc…..)
- Dans quel esprit allez-vous au travail ?
- Quel est votre statut professionnel ? (type de contrat, salarié protégé…)
La souffrance morale au travail peut être liée à une ou plusieurs des situations citées ci-dessous. Une plus forte intensité et l’association de plusieurs de ces situations sont des éléments importants à prendre en compte pour faire le lien avec le travail.
Identifier les principales causes de souffrance morale au travail :
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- Liées aux conditions de travail :
- Surcharge, sous charge de travail
- Sur ou sous qualification
- Taches répétitives monotones
- Confrontation à la souffrance des autres
- Mutations, changements de poste
- Mauvaises conditions de travail et de sécurité
- Liées aux facteurs humains et relationnels :
- Agressions verbales
- Conflits non extériorisés, non résolus
- Mésentente professionnelle : conflit de valeurs
- Absence de reconnaissance de la qualité du travail accompli, climat d’injustice
- « Maladresse » managériale : humiliante, agressive (dirigeant caractériel), stressante (dirigeant obsessionnel) …
- Isolement du travailleur
- Liées aux méthodes de management actuelles :
- Évaluation, notation du travail
- Niveau d’autonomie, latitude décisionnelle insuffisants
- Objectifs à atteindre
- Injonction paradoxale : fixer un objectif mais sans en donner les moyens de l’atteindre.
- Intensification du travail / Stress, cadences juste à temps
- Restructuration qui peut briser le collectif de travail et la coopération entre les salariés
- Perte du dialogue / déficit d’expression
- Précarité de l’emploi, source d’insécurité
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2. Evaluer l’état psychique du patient
On pourra s’aider du dossier d'aide à la décision DADSMOP, outil d'aide indicatif.
L’interrogatoire et l’examen évalueront :
- Le degré de souffrance psychique (troubles anxiodépressifs) ;
- L’état réactif ou non, conservation ou non des ressources qui conditionneront la conduite à tenir ;
- La sévérité des symptômes et les répercussions sociales et au travail ;
- Le risque suicidaire.
3. Conduite à tenir
a) L’arrêt de travail ?
- Le patient peut vous être adressé par le médecin du travail qui aura prononcé une inaptitude temporaire.
- Si le sujet présente une souffrance psychique sévère, des idées mortifères, a perdu ses ressources, l’éviction du milieu de travail s’impose.
- Dans les autres cas, il faudra évaluer les avantages et les inconvénients de l’arrêt de travail :
Avantages |
Inconvénients |
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Rôle thérapeutique de l’arrêt de travail : supprimer (temporairement) la cause de la souffrance;
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Se retirer de la situation à l’origine de la souffrance morale peut permettre une réflexion, une prise de distance, une reconstitution des ressources psychologiques.
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L’arrêt de travail risque de figer la situation sans la résoudre avec prolongation « indéfinie » de l’arrêt;
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L’arrêt de travail peut être considéré comme « injustifié » par l’entreprise, donc dévalorisation professionnelle du salarié;
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L’arrêt de travail aboutit à une éviction de l’entreprise, ce qui est parfois le but recherché par les auteurs de la souffrance morale.
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b) Prise en charge médico-psychologique
- Eviter de « victimiser » le patient dans le but de favoriser son retour à l’emploi.
- Le recours à un psychologue ou un psychiatre ou à un traitement médicamenteux peut être nécessaire.
c) Différencier les causes de souffrance morale au travail :
Souffrance morale au travail non liée au harcèlement |
Souffrance liée au harcèlement moral |
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Des remontrances, ou sanctions envers un salarié, de la part d’un supérieur hiérarchique, peuvent être justifiées dans la relation de subordination hiérarchique qui caractérise le statut de salarié;
- La seule dégradation des conditions de travail sans intention de nuire n’est pas du harcèlement moral;
- Des agissements isolés peuvent créer une souffrance morale.
- NB : Il est possible de déclarer la souffrance morale en accident du travail si elle est consécutive à un évènement ponctuel (ex : agressions verbales…).
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Agissements répétés du harceleur sur une personne qui :
- altèrent les conditions de travail
- portent atteinte à la dignité.
- altèrent la santé physique ou psychique
- compromettent l’avenir professionnel
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En savoir plus sur le harcèlement moral au travail
Consulter le document de l’Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS) :
Approche pluridisciplinaire du harcèlement moral.
d) Conseiller le salarié de rechercher des soutiens extérieurs :
- Auprès du médecin du travail de l’entreprise :
En sollicitant une visite de préreprise ou une visite occasionnelle.
- Parfois la seule solution est de prononcer une inaptitude définitive avec licenciement afin de sauvegarder la santé du salarié et lui éviter la démission (conserver ses droits sociaux).
- Il pourra éventuellement intervenir au sein de l’entreprise :
- Sur les relations professionnelles
- Sur les conditions de travail
- En cas d’élément évoquant la possibilité d’un harcèlement moral :
e) Pièges à éviter pour le médecin
- Attention dans la rédaction des certificats médicaux. Ecrire les mots « Harcèlement Moral », c’est se substituer à la justice. Vous pouvez être accusé de diffamation. Il est préférable de décrire l’état de santé du patient/salarié et citer ses « dires ». Le certificat médical ou le courrier ne doit pas être adressé à l’employeur mais
remis au salarié à l’intention du médecin du travail.
- Certains individus se disent harcelés dans le but d’obtenir des bénéfices secondaires (ex. arrêt de travail…) ou de s’exonérer de la responsabilité de déficiences ou fautes professionnelles.
- La recherche de faits précis lors de l’interrogatoire permet souvent de mieux appréhender la notion de harcèlement moral.
4. En savoir plus sur la souffrance morale au travail
ASSISES DE LA PREVENTION 2006 : COLLOQUE SUR LA SOUFFRANCE MORALE
AU TRAVAIL du 28 novembre 2006 |
| Consulter le programme |
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| Consulter le compte-rendu |
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| Consulter la présentation du Dr I. Niedhammer sur la violence psychologique au travail |
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