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Lombalgie commune Mise en ligne en avril 2016

Lombalgie commune : synthèse d'une réflexion partagée

La lombalgie commune correspond à des douleurs lombaires de l’adulte sans rapport avec une cause inflammatoire, traumatique, tumorale ou infectieuse. La lombalgie commune représente la grande majorité des cas (90%) de lombalgies prises en charge par les professionnels de santé. L’enjeu thérapeutique est d’éviter le passage à la chronicité.

La chronicisation de la lombalgie commune a des conséquences importantes en santé publique :

  • Près de 4 personnes sur 5 souffrent un jour de lombalgies ;
  • 30 millions de journées de travail sont perdues chaque année ;
  • Plus l’arrêt de travail est prolongé, moins la personne a de chance de reprendre son travail.

Une prise en charge bio-psycho-sociale (intégrant les aspects biologiques, psychologiques et socio-professionnels) précoce des patients est indispensable.

La classification suivante est utilisée (HAS 2005) :

  • les lombalgies aiguës d’évolution égale ou inférieure à 4 semaines ;
  • les lombalgies subaiguës qui ont une évolution comprise entre 4 et 12 semaines ;
  • les lombalgies chroniques marquées par leur ancienneté, supérieure à trois mois ;
  • les lombalgies récidivantes, survenue d’au moins deux épisodes aigus à moins d’un an d’intervalle.

Un groupe de professionnels de santé a mené une réflexion (2014-2016) suivant la méthodologie du chemin clinique, axée sur la coopération interprofessionnelle, pour identifier : 1/ les acteurs clés de la prise en charge du patient lombalgique, et 2/ les moments clés dans le parcours de soins à partir de l'épisode aigu.

Méthodologie en 3 temps ;

  1. Réunion en plénière pour identifier les acteurs clés
  2. Entretien individuel avec les acteurs identifiés.
  3. Validation des échanges et construction du document avec les membres du SISTEPACA et les spécialistes participants.

Chaque acteur a précisé son rôle, ses besoins et les freins qu’il constatait dans son exercice professionnel (cliquer sur l’acteur choisi). Liste des acteurs non exhaustive.

 

La classification suivante est utilisée (HAS 2005) :

  • les lombalgies aiguës d’évolution égale ou inférieure à 4 semaines;
  • les lombalgies subaiguës qui ont une évolution comprise entre 4 et 12 semaines ;
  • les lombalgies chroniques marquées par leur ancienneté, supérieure à trois mois ;
  • les lombalgies récidivantes : survenue d’au moins deux épisodes aigus à moins d’un an d’intervalle
Conduite à tenir devant des troubles musculo-squelettiques d’origine professionnelle



1. Les acteurs clés de la prise en charge des patients lombalgiques

 

Les acteurs clés suivants ont été identifiés par le groupe :
Le médecin généraliste
Le kinésithérapeute
L'ostéopathe
Le spécialiste : Médecin du sport / de médecine physique et de réadaptation ou Rhumatologue
Le médecin du travail
Le médecin conseil
Le psychologue / Psychiatre*
Le médecin algologue
Le radiologue*
L'assistante sociale

* Spécialistes non consultés

Le point de vue du médecin généraliste

Rôle

 

1er recours
Ecouter la plainte  du patient
Examiner le patient
Poser un diagnostic (éliminer un diagnostic différentiel)
Evaluer l’état psychologique du patient
Repérer les premiers facteurs de chronicisation
Rédiger un certificat médical initial d’accident du travail si besoin
Prescrire un arrêt de travail si nécessaire, un traitement, réévaluer au bout de 8 jours
Prescrire une activité physique adaptée si besoin
Utiliser une échelle visuelle analogique (EVA) de la douleur pour le suivi

Coopération interprofessionnelle nécessaire

Orienter vers le kinésithérapeute en aigu et subaigu
Orienter vers les médecins spécialistes en subaigu

Orienter vers les acteurs du maintien dans l’emploi : le médecin du travail, l’assistante sociale, le Service d'appui au maintien dans l'emploi des travailleurs handicapés (SAMETH) …

Besoins

  • A quel moment reprendre le travail ?
  • Besoin du bilan diagnostique du kinésithérapeute
  • Améliorer rapidement l’état de santé du patient : adhérer au choix du patient de choisir un professionnel de santé complémentaire
Freins constatés

Pression des patients pour avoir une imagerie
Longueur des arrêts de travail chez les patients en accident du travail

Messages clés
  1. Examen clinique indispensable.
  2. Pas de repos au lit au-delà de 2-3 jours. Poursuivre les activités quotidiennes.
  3. Pas de corrélation anatomo-clinique entre les anomalies que peut montrer l’IRM et les lombalgies ; ne pas faire d’imagerie « pour voir »
  4. Fixer des objectifs à atteindre au patient si un arrêt de travail lui est prescrit.
  5. Education du patient concernant sa prise en charge,  le rendre acteur de sa santé.
  6. Dépression révélée par une lombalgie commune : proposer une prise en charge spécialisée selon la sévérité (thérapie cognitivo-comportementale ou autre …)
  7. Médecin généraliste = 1er maillon du réseau de maintien dans l’emploi

Références 

 

  • Protocole pluridisciplinaire - La lombalgie commune à partir du deuxième épisode : comment prévenir les récidives ? Argumentaire Novembre 2010 – Participation de la HAS.
  • Recommandations HAS 2000 : Prise en charge diagnostique et thérapeutique des lombalgies et lombo-sciatiques communes de moins de trois mois d’évolution ; Diagnostic, prise en charge et suivi des malades atteints de lombalgie chronique.
Documents utiles

Le point de vue du kinésithérapeute

Rôle

Phase aigue : Obtenir l’efficacité sur le traitement de la douleur par une physiothérapie adaptée - 10 séances
  • Massage décontracturant
  • Prescription d’une ceinture lombaire adaptée à la personne.
Phase subaigue : démarrer le traitement individualisé après un bilan des raideurs : 12 à 15 séances
  • Apprentissage de la co-contraction abdominaux–lombaires en position de décompression discale
  • Etirement des ischio-jambiers et du psoas
  • Réveil musculaire des quadriceps en chaîne cinétique ouverte. 
Phase chronique : 15 séances
  • Tenir compte d'une atteinte apophysaire postérieure ou d'une atteinte discale ou les deux pour individualiser le renforcement musculaire et les étirements au patient
  • Interpréter le bilan isocinétique du rachis pour un renforcement musculaire ciblé : spinaux lombaires ou fessiers ou ischio-jambiers ou les trois  + co-contraction du transverse
  • Poursuivre le renforcement des quadriceps en chaîne cinétique ouverte
  • Apprentissage des gestes protecteurs  du rachis dans les  actes de la vie quotidienne
  • Travail de l’ergonomie sur le poste de travail
Etude de la posture du rachis sur la chaise.
Coopération interprofessionnelle nécessaire

Bilan diagnostique kinésithérapique à transmettre au médecin généraliste, médecin du travail et médecin conseil

Besoins

Connaitre le bilan d’imagerie si réalisé
Connaitre le bilan isocinétique du rachis lombaire

Freins constatés

Fausses croyances : « Mal au dos, faites des abdos »

Messages clés

Former les kinésithérapeutes (hétérogénéité des pratiques)
Retrouver le rythme lombo-pelvien : stimulation des ischio-jambiers, des fessiers puis des lombaires
Intérêt du banc à lombaires
La ceinture lombaire ne fait pas fondre les muscles
Eduquer les patients pour qu’ils ne reviennent pas après les 2 séries de séances : auto-rééducation du patient

Références 

Document utile Rééducation du patient lombalgique

Le point de vue de l'ostéopathe

Rôle

  • Souvent consulté en première intention,
  • Commence par éliminer un diagnostic différentiel ostéopathique
  • Pose un diagnostic ostéopathique de lombalgie commune.
  • Détermine la cause de la lombalgie : blocage articulaire au niveau du bassin et/ou des lombaires, tensions viscérales*, problème postural.

Objectif : soulager le patient  en une à deux consultations, en redonnant de la mobilité au bassin et aux lombaires.

L’ostéopathe fait un travail sur les enveloppes du côlon et de l’intestin grêle (lien anatomique par des attaches sur les lombaires, lien neurologique par le système nerveux autonome ortho et parasympathique).

Coopération interprofessionnelle nécessaire

Un travail pluridisciplinaire est primordial dans l’intérêt des patients. L’ostéopathe oriente, si besoin, vers :
  • Le médecin généraliste, pour établir un diagnostic médical et effectuer des examens complémentaires (notamment bilan radiologique) ; ces examens permettent à l’ostéopathe d’adapter son traitement.
  • Le kinésithérapeute, pour relâcher le système musculaire au long terme (action complémentaire).
  • Le podologue, pour un problème postural.
  • Le dentiste : un problème d’occlusion peut entrainer un problème de posture.

Besoins

  • Un bilan paraclinique si la symptomatologie le requiert.

Freins constatés

Coordination insuffisante avec les médecins

Messages clés En une à deux consultations, le patient doit ressentir une amélioration. Dans le cas contraire, celui-ci doit retourner voir son médecin traitant.
  • Lors d'une lombalgie aigüe ou subaigüe, une à deux consultations sont, dans la plupart des cas, suffisantes pour soulager le patient.
  • Pour une lombalgie chronique, un suivi sera parfois indispensable avec des consultations plus espacées dans le temps.

Références 

 

  • Vieira – Pellenz F et al – Arch Phys Med Rehabil, 2014.
  • William NH et al – Fam Practice, 2003.
  • Burton AK et al – Eur Spine J, 1999.
  • Boesler D et al – JAOA, 1993.

Le point de vue du médecin du sport et du médecin de Médecine physique et de réadaptation (MPR)

Rôle

En phase subaigue, réévalue la rééducation : prescription détaillée, projet thérapeutique …

Coopération interprofessionnelle nécessaire

Orienter vers le médecin du travail

Besoins

 

  • Travail en coordination avec le médecin généraliste, le kinésithérapeute, le centre de rééducation
  • Oriente vers le médecin du travail

Freins constatés

Fausses croyances :
« Douleur lombaire = risque d’être paralysé(e), donc je ne bouge plus »
« Nager sur le dos en cas de lombalgies »
« Mal de dos = manque d’abdominaux »
Attention aux interdictions d’activités physiques / de sport par certains médecins généralistes et certains kinésithérapeutes

Messages clés
  • La douleur n’est pas un obstacle à la reprise du travail : ne pas attendre le « zéro douleur »
  • Orienter vers le spécialiste en fonction du retentissement fonctionnel, plus qu’en fonction de la durée d’évolution.
  • Réduire les durées d’immobilisation et d’arrêts de travail
    Intérêt de l’isocinétisme 
  • Lombalgies = déficit de force des extenseurs du rachis, à renforcer
  • Prôner l’échauffement au travail et l’hygiène de vie
    Adapter les gainages aux sports /au travail pratiqués
Inscrire le patient dans un projet de rééducation pour motiver et autonomiser le patient.
Références 
  • La lombalgie chronique : actualités, prise en charge thérapeutique. P Cherin, C de Jaeger. Médecine et longévité (2011) 3, 137-149.
  • Exercices et lombalgies communes : revue de la littérature. Y Henchoz, A Kai-Lik So. Revue du rhumatisme 75 (2008) 790-799.
  • Chronicité, récidive et reprise du travail dans la lombalgie : facteurs communs de prognostic. F Fayad et al. Ann Réadaptation Méd Phys 47 (2004) 179-189.
  • Programme de restauration fonctionnelle du rachis (RFR) dans le cadre des lombalgies chroniques. Nouvelle approche thérapeutique – Parties 1 et 2. J Vanvalcenaher et al. Ann Réadaptation Méd Phys (1994) 37, 317-321 et 323-333.
Document utile Isocinétisme et lombalgie commune

Le point de vue du médecin du travail

Rôle
  • Acteur pivot du maintien dans l’emploi via la visite de pré-reprise (pendant l’arrêt de travail)
  • Suivre l’état de santé du salarié à son poste de travail
  • Proposer un aménagement de poste si besoin
  • Faire la visite de reprise obligatoire après tout arrêt de travail de plus de 30 jours
Coopération interprofessionnelle nécessaire
  • - Fait un retour au médecin de soins
  • - Fait un retour au médecin conseil si la visite de pré-reprise est initiée par le médecin conseil
  • - Au sein du Service de santé au travail : coordonne une équipe pluridisciplinaire : psychologue, assistantes sociales, ergonomes …
  • - Fait le lien avec le Service d’appui au maintien dans l’emploi des travailleurs handicapés (SAMETH)
Besoins
  • Avoir un bilan fonctionnel des capacités restantes : bilan isocinétique, avis médical détaillé, bilan diagnostique kinésithérapique
  • Nécessité d’une cohérence des discours médicaux autour du patient/assuré/salarié.
Freins constatés Possibilités variables d’aménagement de poste dans l’entreprise.
Messages clés
  • Acteur clé du réseau de maintien dans l’emploi.
  • Demander une visite de pré-reprise au plus tôt pour les cas difficiles (difficultés prévisibles à la reprise du travail)
Références 
  • Parcours de soins  Lombalgie commune. Le Concours médical. Novembre 2014, 136 – 9 ; 686-720.
  • Prévention de la désinsertion professionnelle – Assurance maladie
Documents utiles

Brochures de l'Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS) :

ED 6040 Mal au dos : osez bouger pour vous soigner ;
ED 6087 Travail et lombalgie 

Le point de vue du médecin conseil

Rôle
  • Acteur du réseau de maintien dans l’emploi pour prévenir la désinsertion professionnelle
  • Contrôle la durée de l’arrêt de travail, sollicite la visite de pré-reprise auprès du médecin de travail, fait le lien avec les assistantes sociales de la Caisse d'assurance retraite et de la santé au travail (CARSAT) si besoin (pour les patients du régime général)
Coopération interprofessionnelle
nécessaire
Médecin traitant
Médecin du travail
Assistantes sociales de l’organisme de sécurité sociale (CARSAT, Mutualité sociale agricole (MSA))
Besoins Besoin du bilan diagnostique  du kinésithérapeute
Freins constatés Fausses croyances : « le médecin conseil a accès à tout le dossier patient »
Messages clés
  • Nécessité d’un réel projet thérapeutique précoce dès la fin de la phase aigue
  • Durée limitée de l’arrêt de travail dans le temps : il existe des recommandations de durées d’arrêt de travail de la HAS*
  • L’absence d’évolutivité aboutira à une décision médico-réglementaire : fin des indemnités journalières avec consolidation (taux d’incapacité permanente toujours inférieur à 10 %), et soit reprise du travail, soit invalidité (catégorie 1 ou 2)
  • Possibilité de soins post-consolidation en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle
  • Privilégier les arrêts de travail saisis en ligne (gain de temps, pertes évitées, référentiel HAS en ligne)
  • L’avis du médecin conseil s’appuie sur les éléments médicaux transmis par les confrères et par le patient, et sur l’examen du patient en lien avec le motif de l’arrêt de travail
Références  *Haute Autorité de Santé (HAS) décembre 2009 : Réponse à saisine du 10 novembre 2009 en application de l’article L.161-39 du code de la sécurité sociale – Référentiels de durée d’arrêt de travail (6 dont lombalgie commune)
Document utile

Référentiels de durée d’arrêt de travail  pour la lombalgie commune :
http://www.ameli.fr/fileadmin/user_upload/documents/memo_AT_lombalgie_BD.pdf

Le point de vue du psychologue

Rôle
  • Ecouter le patient dans sa globalité et son individualité : temps pour se poser, parler de soi, de son histoire personnelle, des conséquences pour soi et pour l’entourage.1
  • Accompagner le patient dans la gestion de la douleur, dans le travail de rééducation
  • Accompagner la famille (en centre de rééducation)

Souvent sollicité(e) en phase chronique (à partir de 3 - 4 mois) ; nécessité d’un temps de maturation de la problématique de santé.

Coopération interprofessionnelle nécessaire

Médecin traitant
Neurologue
Psychiatre

Centre médico-psychologique

Besoins

 

  • Nécessité de casser le cercle vicieux de la douleur physique et morale
  • Motivation indispensable de consulter de la part du patient ; travail de motivation du patient en amont par le professionnel de santé qui l’adresse
  • Prise en compte de la nécessité pour le patient de faire l’acte volontaire de payer pour son bien-être

Freins constatés

  • Réticence à consulter  (mécanismes de protection) : « peur d’être fou », « peur de remuer les problèmes »
  • Coût de la consultation hors centre (mais les mutuelles prennent souvent en charge une partie de la consultation)
  • Liste d’attente en Centre médico-psychologique (CMP)
  • Délai de consultation pour les psychiatres
Messages clés
  • Le patient a besoin d’être écouté et entendu dans l’expression de sa douleur
  • Aider le patient à avancer dans son quotidien, dans son environnement socio-professionnel

Références 

  • Traitement interdisciplinaire des lombalgies chroniques : aspects psychologiques et de personnalité. Revue médicale suisse 2012-328
  • L’argent dans la thérapie psychanalytique de couple et de famille - Philippe Robert

Le point de vue du médecin algologue

Rôle

  • Evaluation biopsychosociale du patient avec un syndrome douloureux chronique, évoluant depuis 3 à 6 mois, ET/OU avec un retentissement de la douleur sur la qualité de vie (vécu négatif) (dès 3 mois) et existence de facteurs de chronicisation
  • Identification ET prise en charge des facteurs d’amplification de la douleur (facteurs cognitifs /émotionnels /professionnels /sociaux), au sein d’une équipe pluri-professionnelle, composée a minima d’un médecin algologue et d’un psychologue, au mieux des acteurs suivants : médecin algologue, rhumatologue, chirurgien, psychiatre, neurologue, psychologue, infirmière d’éducation thérapeutique (Cf. Recommandations HAS 2008)

Coopération 
interprofessionnelle nécessaire

Médecin traitant : médecin généraliste, spécialiste (médecin de médecine physique et de réadaptation (MPR), rhumatologue, médecin du sport, chirurgien, psychiatre …) Ostéopathe dans certains cas, pour faciliter le travail musculaire du kinésithérapeute
Liens à développer avec le médecin du travail et le médecin conseil

Besoins

 

Avis du médecin algologue à transmettre aux autres intervenants pour un suivi rapproché et coordonné
Aider à la reprise du travail
Faciliter la correspondance avec le médecin du travail et le médecin conseil :

  • Connaître la situation professionnelle (projet professionnel, possibilité d’aménagement de poste, de reprise à temps partiel …) (médecin du travail)
  • Connaître la situation vis-à-vis de l’arrêt de travail (consolidation, invalidité, …) (médecin conseil)
Avoir le bilan diagnostique kinésithérapique et le bilan isocinétique
Importance de voir le patient plus tôt dès que les facteurs de chronicisation ont été identifiés, et non quand ils sont déjà installés  +++
Freins constatés

Fausses croyances des médecins vis-à-vis du médecin algologue :
  • « Le médecin algologue majore le traitement antalgique »
  • « Le médecin algologue veut privilégier l’arrêt de l’activité professionnelle »
  • « On adresse le patient au médecin algologue en dernier recours, quand on ne peut plus rien faire »
Retard à l’orientation vers le médecin algologue, souvent après un an d’évolution de la lombalgie avec pour conséquences :
  • Des difficultés à maintenir une activité professionnelle quand le patient consulte si tardivement (≥1 an)
  • Un suivi prolongé de plusieurs mois/années
Délai de consultation du médecin algologue souvent supérieur à 6 mois, qui peut diminuer si les patients lombalgiques sont vus plus tôt avec des douleurs moins « fixées » (cercle vertueux d’une prise en charge bio-psycho-sociale plus précoce)
Difficultés à joindre les médecins du travail et les médecins conseils
Messages clés Anticiper :
  • Orienter le patient vers le médecin algologue dès que des signes de chronicisation sont identifiés
  • Orienter le patient en fonction du retentissement fonctionnel, psychologique, professionnel, ET NON en fonction du délai d’évolution
Le médecin algologue peut être un acteur du maintien dans l’emploi s’il est sollicité plus précocement, en lien avec le médecin du travail et le médecin conseil
L’approche pluridisciplinaire au sein du service de la douleur vise à favoriser la réadaptation physique et socio-professionnelle du patient.

Références 

Recommandations de la HAS 2008

Le point de vue du rhumatologue

Rôle

Recours rarement en aigu, plus fréquemment en subaigu, presque toujours en chronique :

  • Approfondir et confirmer le diagnostic en subaigu et chronique, donner un avis sapiteur
  • Diagnostiquer /différencier une arthrose postérieure d’une atteinte discale
  • Prescrire les examens complémentaires les plus appropriés
  • Prescrire les séances de kinésithérapie les plus appropriées

Coopération 
interprofessionnelle nécessaire

  • Intervient de façon ponctuelle et s’appuie sur le médecin généraliste qui assure le suivi et la coordination des soins (chef d’orchestre)
  • Fait le lien avec le kinésithérapeute si le médecin généraliste lui confie le/la patient(e)
  • Nécessité d’une coopération avec le médecin du travail

Besoins

  • Avoir un retour du kinésithérapeute
  • Avoir un retour du médecin algologue
  • Besoin de savoir si le poste de travail est encore adapté à la nouvelle situation clinique du patient : adéquation travail – état de santé
Freins constatés

Fausses croyances constatées en période aigue :

  • « Attendez de ne plus souffrir pour faire de la rééducation »
  • « Ne bougez plus »
Messages clés
  • La douleur n’est pas un obstacle à la reprise d’activités et à la réadaptation du patient
  • La prise en charge du patient lombalgique doit faire l’objet d’une stratégie pré-établie, d’un projet thérapeutique précoce motivant.

Références 


2. Moments clés de la prise en charge des patients lombalgiques
à partir de l'épisode aigu

À chaque étape, il est nécessaire de :
• repérer les facteurs de chronicisation
• assurer une cohérence des discours médicaux autour du patient

Tout et son contraire ...

Facteurs de chronicisation des patients avec lombalgie commune 

Facteurs liés à la lombalgie commune, à repérer à la 1ère étape :

Accident du travail +++

Tranche d’âge : après 50 ans et surtout après 55 ans
Episodes antérieurs de lombalgie
Social : situation familiale difficile

Professionnel :

  • Faible qualification de travail, peu de possibilité de formation en vue d’un reclassement
  • Travail pénible
  • Salaire mensuel bas

Co-morbidités (diabète, surpoids …)

Facteurs de chronicisation de la douleur, à repérer à toutes les étapes :

Eléments séméiologiques de la douleur :

  • surexpression des symptômes douloureux
  • lésions radiculaires

Facteurs cognitifs :

  • catastrophisme
  • attitudes et croyances inappropriées face à la douleur
  • attentes irréalistes des patients

Facteurs émotionnels : anxiété, tendance à la somatisation, dépression, isolement
Comportement de peur avec évitement, kinésiophobie (réduction des activités)

Facteurs socio-professionnels :

  • Insatisfaction personnelle, soutien peu important au travail (niveau EBM élevé)
  • Interruption du travail de longue durée (> 4 à 12 semaines, niveau EBM élevé)
  • Salaires bas,
  • Pénibilité (travail de charge …),
  • Travail précaire, travailleur indépendant,
  • Travail perçu comme stressant
  • Démarches médico-administratives en cours : conflit médico-légal, conflit avec l’employeur, conflit avec l’organisme de sécurité sociale, compensations attendues suite à la déclaration en accident du travail ou en maladie professionnelle

Cumul des difficultés


Lombalgie commune aigue

Définition

Il s’agit d’une douleur située entre la 12ème côte et la partie inférieure de la fesse, en l’absence de radiculalgie.
C’est un diagnostic différentiel : éliminer une lombalgie symptomatique "Drapeaux rouges"

Drapeaux rouges

  • Début avant l’âge de 20 ans ou après 55 ans
  • Antécédent traumatique violent récent
  • Douleur permanente ou d’horaire inflammatoire
  • Douleur thoracique
  • Contexte de néoplasie
  • Perte de poids inexpliquée ou altération de l’état général
  • Toxicomanie intraveineuse
  • Fièvre inexpliquée
  • Immunosuppression dont séropositivité au VIH et corticothérapie au long cours
  • Terrain d’ostéoporose
  • Présence d’un syndrome neurologique étendu

Il n’y a pas de sciatique « tronquée ». Tout ce qui s’arrête au pli fessier sans irradiation est une lombalgie commune.

NB: Des radiculalgies font évoquer une compression discale, des examens complémentaires sont nécessaires (3 urgences : déficit moteur inférieur, syndrome de la queue de cheval, lombo-radiculalgie hyperalgique). La compression est toujours associée à un environnement local ± dégradé ; la chirurgie agit sur la compression, mais peu sur cet environnement local.

Drapeaux rouges

  • Début avant l’âge de 20 ans ou après 55 ans
  • Antécédent traumatique violent récent
  • Douleur permanente ou d’horaire inflammatoire
  • Douleur thoracique
  • Contexte de néoplasie
  • Perte de poids inexpliquée ou altération de l’état général
  • Toxicomanie intraveineuse
  • Fièvre inexpliquée
  • Immunosuppression dont séropositivité au VIH et corticothérapie au long cours
  • Terrain d’ostéoporose
  • Présence d’un syndrome neurologique étendu

Acteurs clés identifiés

acteurs clés lombalgie aigue

Examens clés ou actions

  • Pas d'exploration radiologique
  • Bilan diagnostique kinésithérapique

Lombalgie commune subaigue

Définition

C’est une lombalgie qui évolue depuis 4 à 6 semaines, sans dépasser 3 mois.

Acteurs clés identifiés

acteurs clés lombalgie subaigue

Examens clés ou actions

  • Bilan radiologique, pas d’IRM
  • Bilan isocinétique, de préférence sur machine
  • Education du patient

Lombalgie commune chronique ou récidivante

Définitions

Lombalgie chronique : est définie par une douleur de la région lombaire évoluant depuis plus de 3 mois. Cette douleur peut s’accompagner d’une irradiation à la fesse, à la crête iliaque, voire à la cuisse, et ne dépasse qu’exceptionnellement le genou.

Il convient de différencier (HAS octobre 2015) :

  • la lombalgie non dégénérative antérieurement dénommée lombalgie spécifique ou lombalgie secondaire (dite symptomatique), liée à une cause traumatique, tumorale, infectieuse ou inflammatoire ;
  • la lombalgie dégénérative dont l’origine peut associer une ou plusieurs des causes suivantes : discogénique ou facettaire ou mixte, ligamentaire, musculaire, liée à un trouble régional ou global de la statique rachidienne ;
  • la lombalgie sans relation retenue avec des lésions anatomiques.

La lombalgie récidivante : c'est la survenue d’au moins deux épisodes aigus à moins d’un an d’intervalle.

Acteurs clés identifiés

acterus clés lombalgie chronique

Examens clés ou actions

  • Bilan : IRM lombaire préférable au scanner
  • 2ème série de séances chez le kinésithérapeute : bilan diagnostique kinésithérapique, utile pour le médecin généraliste, le médecin du travail et le médecin conseil
  • Education du patient : auto-entretien
  • Bilan social et médico-professionnel  (assistante sociale et médecin du travail)

Au-delà de 6 mois

  • Chronicisation de la lombalgie avec risque de désinsertion professionnelle
  • Coopération interprofessionnelle indispensable pour redynamiser le patient sur un projet thérapeutique et socio-professionnel.

3. Remerciements :

Ont participé à la réalisation de ce document :
M. Rafaël ALCARAZ-MOR, interne en médecine du travail
Dr Chantal BERGE-LEFRANC, médecin conseil
Pr Gilles BOUVENOT, rhumatologue
Dr Mireille CAVIN-REY, médecin du travail
Dr Danielle CHARRIER, médecin du travail
Dr Alix DOUSSET, algologue
Mme Géraldine FRANCOIS, responsable du SAMETH 13
M. François GRAZIANI, kinésithérapeute du sport
Dr Jean-Baptiste GRISOLI, médecin du sport
Dr Liliane GULDNER-BARRIERE, médecin du travail
Dr Anne LANDI, médecin du travail
Dr Cécile LANDRET, médecin conseiller, Service de prévention des risques professionnels de la Caisse d'assurance retraite et de la santé au travail (CARSAT) Sud-Est
M. Yann MIZRAHI, ostéopathe
M. Michaël RACIMORA, ostéopathe
Dr Jean-Vincent RAMOS, médecin de médecine physique et de réadaptation
Mme Julie SEBBAH, psychologue
Dr Rémy SEBBAH, médecin généraliste

 




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