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Quelles sont les expositions professionnelles au plomb ?

En France, 200 000 salariés seraient exposés au plomb dans le cadre de leur travail (Enquête Sumer, 2017)

Les principaux secteurs d’activités concernés par une exposition au plomb sont :

Source : Tableau extrait du site de l’INRS - Les risques liés au plomb

Principaux secteurs d'activité exposés au plomb

Bâtiment

  • Intervention sur des peintures et des canalisations dans des bâtiments anciens (enlèvement, réfection…)
  • Découpe ou sablage de structures métalliques recouvertes de peinture anticorrosion
  • Travaux de couverture (soudure au plomb, utilisation de feuille de plomb…)

Industrie

  • Fabrication et recyclage de batteries
  • Fabrication de céramique (carreaux…)
  • Métallurgie, en particulier les fonderies d’alliages de cuivre
  • Recyclage de produits électroniques
  • Fabrication de peintures
  • Plasturgie
  • Fabrication de verres spéciaux et de cristal
  • Réparation de radiateurs d’engins et de poids lourds

Artisanat

  • Fabrication et réfection de vitraux
  • Poterie
  • Fonderie d'art
  • Joaillerie

Autres

Stands de tir

Point de vigilance sur les travailleurs exposés au plomb : des règles d’hygiène à respecter
  • Interdiction de boire, manger, fumer sur les lieux de travail
  • Lavage des mains et du visage avant les repas
  • Douche après le travail (des douches doivent être à la disposition des salariés par l’employeur)
  • Changement des vêtements après le travail et nettoyage séparé, si non pris en charge par l’employeur

Focus sur les travailleuses enceintes ou allaitantes

Il est réglementairement interdit pour une femme enceinte ou allaitante d’être exposée au plomb de façon professionnelle. En cas d’environnement professionnel susceptible d’exposer au plomb une femme enceinte ou allaitante, il est important que le médecin de soin (généraliste ou spécialiste) rappelle à sa patiente l’importance :

  • De prendre rapidement rendez-vous avec son médecin du travail (visite à la demande) afin que ce dernier puisse l’extraire de l’environnement de travail potentiellement dangereux pour elle et l’enfant à naitre ; de la même façon, une visite à la demande auprès du médecin du travail est recommandée dès le démarrage du projet de grossesse
  • De déclarer le plus précocement possible sa grossesse à son employeur, afin que les mesures préventives adaptées puissent être mises en œuvre

Un suivi individuel renforcé (SIR) pour qui ?

En raison de la toxicité du plomb, notamment de son effet reprotoxique, les salariés exposés au plomb bénéficient d’un SIR par la médecine du travail :

  • Si l’exposition à une concentration de plomb dans l’air est supérieure à 0,05 mg/m3, calculée en moyenne pondérée dans le temps sur une base de 8h (seuil qui s’abaissera progressivement à 0,015 mg/m3 dès le premier semestre 2026 jusqu’au 1er janvier 2029 (nouvelle directive européenne du 13 mars 2024))
  • Ou si une plombémie est supérieure à 200 µg/l pour les hommes et 100 µg/l pour les femmes (seuil qui s’abaissera progressivement à 90 µg/l pour tous jusqu’au 1er janvier 2029)

A noter également que la nouvelle directive européenne du 13 mars 2024, prévoit pour les femmes en âge de procréer, la mise en place d’une SIR si la plombémie est supérieure à 45µg/l. 

Par ailleurs, les valeurs limites biologiques (VLB) qui en France, ne doivent pas dépasser 400 µg de plomb par litre de sang pour les hommes et 300 µg/l pour les femmes, seront abaissées progressivement jusqu’à 150 µg/l pour tous à partir du 1er janvier 2029.

Est-il possible de mettre en place une surveillance médicale post professionnelle ou post exposition ?

Le plomb et ses composés étant classé comme agent cancérogène, mutagène, reprotoxique (CMR), une surveillance médicale post professionnelle (ou suivi post professionnel) peut être mise en place en fin de carrière du salarié ou à la fin de l’exposition.

En savoir plus sur la surveillance médicale post professionnelle